Muvbox, au delà du design?

Le Muvbox dans le Vieux Port de Montréal | (C) Bobby Grégoire 2011
Tout le monde en a entendu parler en 2009. Le concept fut dévoilé pour la première fois par Daniel Noiseux, entrepreneur montréalais. Design tendance à la mission écolo, le Muvbox nous promettait de voir ces conteneurs recyclés envahir les villes.
Après deux ans, toujours présent dans le vieux port de Montréal et sous la tour Effel à Paris, je me suis demandé de quoi il en retourne aujourd’hui.
Je dois dire qu’outre la prouesse d’offrir une restauration mobile hyper compacte, ce concept ne pas vraiment accrocher au départ. Le Muvbox a su tout de même créer la curiosité, car il est fait de conteneurs abandonnés.
Cette année, j’ai décidé de l’essayer pour la première fois, en compagnie de Jean-Pierre Lemasson, fondateur et professeur associé au Certificat en Gestions et pratiques socioculturelles de la gastronomie de l’UQAM.
Mon expérience
D’abord, il faut trouver l’emplacement. Les indications ne sont pas à jour sur le site du Vieux-Port de Montréal. À notre arrivée, nous avons regardé la carte qui nous présentait pizza et « spécialités madelinoises. » La carte avait de quoi rendre perplexes deux passionnés de gastronomie québécoise.
Quand le fast-food se déguise en terroir!
Le Muvbox se vend depuis 2009 comme offrant des « produits du terroir, un menu santé, écolo et chic[1]. » Hors, force est de constater en regardant l’ardoise que le « terroir » ne sera pas au rendez-vous. Ce fut notre première déception, mais nous avons tout de même commandé.
Nous avons reçu deux petits plateaux de cartons contenant une guédille de homard des Îles quelconque, une chaudrée de palourde plutôt moyenne, un sac de croustilles Miss Vickies et un petit sac de craquelins d’huître du Maine.

Plateau repas Muvbox 2011 | (C) Bobby Grégoire
Le seul aliment qui peut se targuer être du « terroir » dans ce plateau c’est le homard des îles de la Madeleine. Cependant, le tout est tellement fade et sans goût que la guédille proposée est une insulte à la qualité de ce produit des Îles.
Au-delà de ça, des produits industriels originaires des États-Unis.
- Jus doles™ (Dole Food) USA
- Boissons gazeuses (PepsiCo Canada ULC) USA
- Croustilles Miss Vickie’s™ (PepsiCo Canada ULC) USA
- Pain à chien chaud sans goût, sortit d’emballages de marque industrielle CA
- Oyster crackers Westminster Cracker™ USA
Avec autant de produits industriels et sans personnalité, prétendre offrir des aliments du terroir, écolo et santé est une prétention mensongère, rien de moins.
Si au moins la qualité était au rendez-vous! Le prix, 15$ et une faim toujours présente pour un vrai repas! Ne vous détrompez pas, la raison pour laquelle cet endroit fait fureur, c’est qu’il n’y a pas d’offre alimentaire de qualité à prix abordable dans le secteur.
Le concept est peut-être original, mais les créateurs ont manqué de vision pour ce qui est de l’aspect restauration.
Un recyclage qui pollue
Parlant du concept, sous le principe « écologique » de recycler des conteneurs, on y sert des repas fades avec couverts de plastiques, avec des cartons plastifiés qu’on jette à la poubelle, car il n’y a aucun bac de recyclage offert directement sur le site du restaurant.
De plus, les pailles de marque Carousselle, les serviettes de papier non faites de recyclé accompagnant notre plateau nous font douter du réel côté écolo de ce conteneur recyclé.
La présence de ce conteneur contribue à augmenter la pollution par l’utilisation de jetables à la puissance dix.
Sur une note plus positive, le restaurant est alimenté à 40% par des panneaux solaires!
Conclusion :
Au-delà du design, un manque clair de vision quant à l’offre alimentaire et sa présentation. Il reste beaucoup de chemin à faire pour que le Muvbox incarne totalement son concept original tel que présenté :
« … une grande conscience environnementale. Des matériaux recyclés et verts, des panneaux solaires, des produits locaux, des pratiques écoresponsables »
[1] http://www.muvboxconcept.com/fr/nouvelles.html consulté le 30 juin 2011






